Montchevrier: un charmant petit village en Marche-berrichonne

Montchevrier: un charmant petit village en Marche-berrichonne

Dénonciation faite par le curé et le maire de Montchevrier

LES TRIBULATIONS D'UN CURE ASSERMENTE ORIGINAIRE D'AUBUSSON

(Monsieur de La Seiglière)

 

Le carton D XXIX bis 22 des Archives Nationales contient  la copie d'une dénonciation faite par le curé et le maire de Montchevrier au Directoire du département de l'Indre (27 avril  1791) et un extrait du registre des délibérations du Directoire du  district d'Argenton au sujet de cette affaire (28 avril 1791).

 

Voici un extrait de la dénonciation : « Mr de La Seiglière,  curé de la paroisse et Mr Basset du Colombier maire de la même  paroisse étant entrés au Directoire ont dit que depuis le 17 de ce  mois, jour de la prise de possession dudit sieur de La Seiglière,  Mr Lasnier, ci-devant curé de Montchevrier et le sieur Valentin  son vicaire continuent de confesser, savoir le sieur curé dans sa  chambre et le vicaire dans l'église, que ces deux ecclésiastiques ne veulent point avoir de relations avec ledit sieur de La Seiglière et même qu'ils défendent aux habitants d'entendre sa messe  ni ses vêpres, ce qui excite de la fermentation dans la paroisse,  et que différentes personnes même ont poussé le sieur de La  Seiglière en sortant de l'église, et qu'on a été jusqu'à lui cracher  sur le corps... ».

 

Et un extrait de la délibération du Directoire de district  d'Argenton : « ... nous sommes d'avis qu'il doit être enjoint au sieur Lasnier... et au sieur Valentin... de cesser toutes fonctions  publiques et de se retirer du bourg et paroisse de Montchevrier dans le délai de 24 heures... à peine par eux d'être poursuivis comme réfractaires à la Loi et comme perturbateurs du repos public... ».

 

De tels conflits furent très fréquents à l'époque de l'installation des prêtres assermentés : ces derniers étaient considérés par les fidèles comme des intrus et cette attitude est particulièrement  justifiée dans le cas qui nous occupe.  

 

Qui était Léonard Christophe de La Seiglière ? Fils de notaire, frère de notaire, oncle de notaire, il appartenait à une famille éminemment bourgeoise d'Aubusson qui sut, pendant la Révolution, occuper des postes de choix — Antoine son frère, maire au début de la Révolution, Blaise, son neveu, maire pendant la Terreur —. Lui-même, après la dissolution du Chapitre auquel il appartenait, goûta à la politique locale en se faisant  élire notable du conseil général puis électeur de la ville d'Aubusson en 1790. En 1791, il prête le serment requis par la loi, après ses confrères — le 27 mars au lieu du 6 février —. Il  donne des explications embarrassées — remplacements effectués au profit du curé de Blessac et de Néoux — et son serment laisse percer son ambition : « ... a juré... de remplir avec fidélité et exactitude les fonctions qui pourront lui être confiées ».

 

Et nous le retrouvons curé de Montchevrier. Une explication saute aux yeux : il se rapproche ainsi de sa nièce, Marie Anne, qui a épousé en 1781, T.B. Basset du Colombier. Mais cette explication suffit-elle ?  

 

Source BNF Gallica

 

J.-C. BROILLIARD.

 

Lien -> Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse  1973



16/02/2017

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