Montchevrier: un charmant petit village en Marche-berrichonne

Montchevrier: un charmant petit village en Marche-berrichonne

Le commerce Pantaleon

 Spartiate le " Néné "

 

René Pantaleon vient de fermer son bar que sa famille tenait depuis 1840 ! A la re­traite depuis peu, il envisage aujourd'hui de quitter plus sou­vent son canton...

 

 

 

 

  René Pantaleon espère maintenant voyager.

 

 

RENÉ PANTALEON est un personnage.  Ses cheveux longs, sa barbe fournie et son aménité naturelle en font une figure réputée du canton d'Aigurande. Sa sagesse et sa philosophie complètent le tableau.

Né à Montchevrier en 1932, ce célibataire endurci a passé toute son existence dans le commerce familial du bourg ouvert par ses ancêtres en 1840. Pendant quatre générations, les femmes avaient tenu l'épicerie-buvette et les hommes étaient maréchal-ferrant. A la retraite de sa mère en 1962, et après avoir un temps 'travaillé avec sa sœur, René se retrouvait seul derrière le comptoir. Plus par nécessité que par vocation. «J'aurais aimé être tailleur ou cuisinier », avoue le sexagénaire dont les projets ont tourné court à la sortie de l'école primaire. Vite embauché chez ses parents, il a depuis exercé de front au bourg et dans sa ferme de la Silvine où il élevait des bovins, des moutons et des chèvres.

A la retraite depuis, deux mois, il mesure le chemin parcouru et évoque une vie linéaire, laborieuse, égayée par quelques éclats dus à son originalité. S'il porte la barbe en souvenir de son père, il n'a jamais voulu d'épouse ou d'amie à ses côtés, histoire d'être maître de son destin. La télévision n'a pas droit de cité chez lui et lorsqu'on lui parle vacances il sourit en citant les seuls congés de son existence : quatre jours à l'île de Ré et autant dans le Cher.

 

Trente-cinq heures en deux jours

A priori Spartiate, sa vie n'en est pas moins bien remplie. « Lorsque je travaillais, je faisais les trente-cinq heures en deux jours », plaisante René que tout le monde surnomme affectueusement « Néné ».

De sa longue carrière, le sexagénaire dégage surtout des moments forts, teintés d'amitié, avec une pensée émue pour ses clients qui l'ont soutenu il y a quelques années lorsqu'il avait des ennuis de santé. Il se rappelle aussi des concours de belote réunissant deux cents personnes et des banquets qu'il a longtemps servis dans les salles annexes du petit bar-épicerie à l'allure singulière. Deux tables en bois installées devant le comptoir, des boîtes de conserve juchées sur des étagères : l'image type du magasin d'un autre âge.

« C'est le développement des supermarchés qui nous a tués », constate le retraité sans acrimonie. Si certains regrettent ses fameux sandwiches aux pilchards, d'autres continuent à lui rendre visite dans l'ancien commerce recyclé en débarras.

Sa retraite, René Pantaleon la voit active. S'il possède encore quelques animaux sur un domaine tout proche, il accomplit enfin son rêve de jeunesse en cuisinant pour des amis et en s'essayant à la couture. Pour l'instant, il fait ses ourlets et couds ses boutons, mais Paris ne s'est pas construit en un jour !

« Néné » compte également voyager et se risque déjà du côté de Montluçon où il a paraît-il trouvé l'âme sœur. Il n'en continuera pas moins à vivre seul dans sa maison du bourg, en tant que dernier maillon d'une saga familiale étalée sur plus d'un siècle et demi.

 

Jean-Michel BONNIN.

 

Sources:

Article de presse locale (NR du 04/05/1999)

 



02/10/2017

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